Doit-on payer les blogueurs green ?

Iznowgood existe depuis 1 an et demi déjà et il a bien grandi, au-delà de toutes mes attentes. Facile, puisque je n’en avais pas.

Ne pas avoir d’attentes, c’est ne rien attendre en retour. C’est donner, sans espérer quoi que ce soit. C’est aimer, selon Don Miguel Ruiz.

Je voulais aujourd’hui aborder avec vous cette question si croustillante mais aussi si complexe de la rémunération des blogueurs green. Si la parole se libère sur les sources de revenus des grands « influenceurs », on parle moins de la sphère éthique et écoresponsable. Et, croyez-moi, il y a pourtant beaucoup à dire ! Je dirais même que le sujet est passionnant tant la problématique est dense et irrémédiablement liée à ce mot qui me porte depuis le départ : l’éthique.

Ma réflexion a beaucoup évolué ces derniers temps, et je ne suis pas sûre d’avoir de réponses (voyons où cet essai va nous mener…). Ce que j’ai en revanche, c’est de la matière à réflexion. J’ai beaucoup discuté avec d’autres blogueurs, beaucoup lu aussi. Il y a des choses à dénoncer et des choses à repenser.

Le cas Iznowgood

Commençons par le commencement : ce que j’ai toujours fait jusqu’à maintenant.

On me demande souvent si je vis de mon blog parce qu’il a l’air « très professionnel » et que je dois « y consacrer beaucoup de temps ». J’ai toujours ricané en répondant à ça « Non, non pas du tout, et heureusement ! ».

Derrière « heureusement » se développaient alors deux raisons principales :

  • Je donne à mon blog sans compter, et certainement pas pour m’enrichir. Je suis profondément passionnée et animée par les problématiques d’éthique et de justice sociale et par l’urgence à agir pour le climat et la biodiversité, et je souhaite apporter ma pierre à l’édifice. Je le fais pour les autres et la planète, mais aussi pour moi parce que je sais que c’est juste.
  • Les marques éthiques et engagées n’ont tout simplement pas d’argent. C’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai commencé ce blog, parce qu’elles sont invisibles faute de budget pour la communication. C’est pour cette raison que j’ai développé avec l’aide de David Le Générateur de Marqu’IZ de façon totalement bénévole et que nous avons donné des semaines entières à ce projet.

Ce que l’on sème

J’ai toujours pensé que l’on récoltait ce que l’on semait, et je m’estime chanceuse pour tout ce que ce blog et le temps que j’y investis m’apportent : de belles rencontres, la possibilité de m’exprimer dans des conférences, de la visibilité pour mes idées, et même des clients pour mon activité de freelance !

Je ne compte pas le nombre de fois où des créateurs m’ont exprimé à quel point mes articles les avaient touchés et aidés. Ces remerciements pleins de gratitude et d’espoir en l’avenir sont une source de motivation immense pour moi ! Vos mots à vous aussi, que j’ai pu aider à un moment sur le chemin, m’apportent aussi beaucoup de joie.

J’ai toujours pensé que j’avais instauré un cercle vertueux en créant ce blog, plein d’amour, et uniquement basé sur le partage et l’envie de construire ensemble un monde meilleur.

Ce que l’on récolte

Voilà pourquoi, souvent, j’accepte de parler sans rien en retour d’une marque qui m’a contactée et qui me plaît beaucoup. Parfois en échange d’un cadeau, mais parfois même contre rien du tout. J’ai moi-même un dressing et une façon de vivre que je veux le plus minimalistes possible, alors me retrouver ensevelie sous des choses dont je n’ai pas besoin, non merci. Je propose même simplement parfois que l’on me prête les vêtements, ou mieux : je les achète moi-même !

Et puis, en entendant les marques me dire que ma démarche était très rare, en voyant mes camarades sponsoriser quasiment systématiquement leurs articles, j’ai commencé à me poser des questions. Surtout que le temps que je consacrais à mon blog bénévolement et la rigueur que j’y mettais malgré tout pesaient un peu, aussi, sur ma vie. David a commencé à me reprocher de passer beaucoup de temps à vous répondre, à peaufiner mes articles et mes recherches, à penser et manger Iznowgood. J’ai même refusé certains nouveaux clients parce qu’ils m’auraient contrainte à ralentir mon rythme sur le blog.

Le cercle vertueux

J’ai donc amorcé un tournant. Voilà, en toute transparence, ce que j’ai commencé à répondre aux marques qui m’écrivent pour que je les mette en avant. Et encore, c’est loin d’être systématique !

« J’ai l’habitude de répondre que je laisse la marque décider du budget qu’elle souhaite dédier à la communication. Mon blog a pour objectif de mettre en avant des marques qui font des efforts pour l’éthique et la planète, et je sais que leur budget communication s’en trouve de fait réduit, parce qu’elles décident de mettre l’argent ailleurs (c’est-à-dire là où il faut). Lorsque des marques choisissent de rémunérer mes articles et mes photos, je considère que c’est une façon de soutenir mon blog et le temps que j’y consacre. Mais, parfois, offrir une pièce représente déjà beaucoup ! Je ne veux pas peser, et compte sur l’entraide mutuelle et de bonne foi. Je crois que pour changer le monde, il faut commencer par-là 😊 »

C’était ma façon de répondre au problème en restant le plus alignée possible avec les valeurs que je défendais. C’était l’amorce du cercle vertueux, de l’entraide honnête et de bonne foi.

À ceci, une seule marque a décidé de soutenir mon travail dans un post Instagram, My Made in Box. Toutes les autres m’ont répondu qu’elles n’avaient pas de budget, y compris celles qui avaient accepté des partenariats rémunérés avec d’autres blogueurs. Dans toute l’histoire de mon blog, seule la marque Good Krama a directement proposé d’allouer un budget pour mon travail dans cet article. Et c’est tout !

L’affiliation, une solution ?

D’autres marques m’auront proposé d’utiliser des liens d’affiliation dans mes articles. Il s’agit de liens trackés pour lesquels je gagne une petite commission sur les achats que vous effectuez en cliquant dessus.

Si cette solution part d’un bon sentiment, elle repose selon moi sur une logique faussée, et d’autant plus pour un blogueur green ! Pourquoi ?

  1. Parce que nous prônons le « consommer moins » avant le « consommer mieux ». Nous ne sommes pas là pour pousser à l’achat ! C’est d’ailleurs ce qui fait notre particularité et ce pour quoi les marques engagées se tournent vers nous.
  2. Parce que nous ne sommes pas des vendeurs ou des vitrines, et bien heureusement !
  3. Et aussi, puisque vous êtes aussi sensibilisés, parce que vous achetez moins et de façon plus raisonnable.

Chercher à se rémunérer avec des liens d’affiliation quand on est un blogueur engagé est donc quasiment un non-sens !

Mais je me suis cependant contentée de tout ça jusque-là. J’étais droite dans mes baskets et je tirais, comme je l’ai dit plus haut, d’autres compensations beaucoup plus importantes à mes yeux.

Et puis, récemment, j’ai commencé à ouvrir mon champ de réflexion…

Blogueur, un vrai métier ?

Je fais de la rédaction web en freelance, je facture donc chaque fin de mois des clients qui m’ont choisie pour mes qualités d’écriture et de recherche. C’en est presque comique d’ailleurs : je facture mes articles de blog chez les autres, mais pas chez moi !

Un blog nécessite du temps : tests, recherches, rédactions, photos et retouches, compositions de sélections, promotion sur les réseaux sociaux, partages et discussions avec vous… Bref, je pourrais y être H24 !

Un blog nécessite de l’argent : appareils photos et matériel de qualité pour faire des photos et du contenu de qualité, logiciels, hébergement du site, déplacements pour rencontrer untel ou unetelle, rémunération d’un photographe pour ceux qui n’ont pas comme moi la chance d’avoir un chéri dévoué, temps alloué qui n’est pas consacré à autre chose de facturable, etc.

Les blogueurs conventionnels n’ont plus à prouver aujourd’hui que leur travail mérite salaire. Les articles de blog et posts Instagram sont ainsi devenus de nouvelles façons de communiquer pour les entreprises. J’ai moi-même tendance à croire Coline sur parole quand elle vante les mérites d’un produit, et je lui fais confiance. Elle aura mille fois plus d’impact sur mes choix de consommation qu’un spot publicitaire que je pourrais voir passer je-ne-sais-où.

Ainsi, si une marque prend le temps d’écrire à un blogueur, c’est qu’elle juge que cette personne est intéressante pour la promotion de ses produits. En exprimant son besoin de visibilité et en déléguant ce travail à quelqu’un qui apportera de la valeur, la marque légitimise le métier de blogueur. Il s’agit alors d’une relation commerciale dans laquelle les deux parties doivent trouver un intérêt pour coopérer.

L’exception du blogueur green

Le cas du blogueur green est bien particulier, dans le sens où l’intérêt qu’il devrait trouver n’est pas une rémunération, mais la satisfaction de faire une bonne action. C’est ce que l’on attend de lui, et c’est ce qui m’a portée jusqu’à maintenant.

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’à moins de ne vraiment pas avoir de nez, personne ne se lance dans le blogging green qui prône le « consommer moins » pour se faire de l’argent. La consommation à outrance et les partenariats avec de grandes marques sont un filon bien plus lucratif.

Ainsi donc, il semblerait que si le blogueur green s’aventurait à réclamer un dû pour compenser son travail, on pourrait lui reprocher de ne pas être réellement engagé. S’il veut agir pour le bien de la planète et de l’humanité, il faut qu’il soutienne et mette en lumière toutes ces entreprises à but lucratif qui font des efforts.

Des entreprises à but lucratif… Je crois qu’il est là le problème. Malgré ses belles valeurs, une entreprise reste une entreprise. Pour maîtriser plutôt bien le sujet, je sais qu’une entreprise est créée pour faire du profit. Il y a des tas d’autres structures disponibles et non lucratives pour créer des emplois et avoir un impact positif. Créer une entreprise, c’est chercher à tirer profit. Tirer profit, c’est maximiser ses marges en limitant ses coûts et en optimisant son chiffre d’affaires. Une entreprise green reste un interlocuteur qui doit maximiser ses marges.

Si je n’avais pas réalisé cela et tout ce qui va suivre, je crois que j’aurais pu continuer à envoyer cette réponse aux marques qui me contactent et continuer à travailler avec elles malgré les refus. Car j’ai réalisé que le problème ne me concernait pas seulement à moi, mais était bien plus vaste.

Vous avez dit éthique ?

Éthique sur toute la chaîne de valeur

J’ai fait le choix de dédier mon blog à la mise en avant d’initiatives engagées et à un mode de vie et de consommation plus responsables en général. Les marques dont je vous parle ont toutes de hauts standards en matière d’éthique, d’un point de vue social ou environnemental.

Elles s’assurent ainsi que tous les maillons de la chaîne rémunèrent justement tous ceux qui en font partie. Ou presque, vous l’aurez compris.

Je me suis souvent réfugiée derrière l’idée que les petites marques engagées n’avaient pas de budget parce qu’elles décidaient de l’allouer ailleurs. Mais alors, comment survivraient-elles sans blogueurs bénévoles ? Se sont-elles construites dans l’idée qu’elles pourraient réduire ce budget au minimum en comptant sur le fait qu’il y aurait des personnes pour fournir un travail dont elles pourraient tirer profit sans fournir de contribution en échange ? Leur business model, malgré toutes les belles valeurs qu’il soutient, est-il fondamentalement éthique ?

Sont-elles en droit d’attendre d’un blogueur qu’il ne désire pas de rémunération pour son travail « made with love » ?

Une sphère plutôt qu’une pyramide

Je vous propose de reprendre l’idée du cercle vertueux, mais de l’envisager avec une dimension en plus. Vous obtenez une belle sphère. Une sorte de planète où chacun décide de s’aider et de faire du mieux qu’il peut pour parvenir à un objectif commun et profitable à tous.

Comme dit plus haut, c’est ce que j’attends de mes relations avec des entreprises éthiques. Or, je crois que faire en sorte de rémunérer un blogueur le moins possible, voire rien du tout, ne sert en fait qu’à une chose : entretenir le modèle pyramidal de l’entreprise telle que nous la connaissons, basée sur la maximisation des marges et, par biais, sur l’exploitation (des ressources, des humains, des animaux, etc.). Il n’est plus à prouver que ce système est responsable de profondes inégalités et du gouffre climatique auquel nous faisons face aujourd’hui.

Je me demande en effet si ne pas rémunérer les blogueurs (ou ses stagiaires !) n’entretiendrait pas un système social injuste, voire carrément défavorable au développement d’entreprises plus responsables. Un peu comme le serpent qui se mord la queue, vous voyez ? Un cercle vertueux d’un autre genre quoi…

Le serpent qui se mord la queue

Je m’explique… Il faut nécessairement être privilégié comme je le suis (et comme mes camarades le sont) pour avoir le temps de bloguer bénévolement. Il faut avoir du temps à donner, et pour ça il faut avoir suffisamment d’argent : un conjoint ou des parents qui assurent un matelas financier suffisant, des économies, un héritage… Je ne crois pas que ce système permette à tous de s’exprimer de façon égalitaire. Et bon sang que ces sujets mériteraient d’être davantage relayés, et dans toutes les couches de la population !

Je me demande aussi si ce système n’empêche simplement pas le développement des blogs engagés. Parce qu’il faut bien que je mange et que je paye mon toit, je privilégie en effet mon temps facturable dédié à mes clients sur le temps que je pourrais consacrer à mon blog. Moins de temps pour le blog, c’est moins de marques mises en valeur, c’est moins de recherches pour rédiger mes articles, c’est moins de sujets abordés.

Pire encore, si j’accepte de travailler bénévolement, je fais irrémédiablement « baisser les prix » de blogueurs green qui auraient décidé de facturer quelque chose. Ils vont donc à leur tour consacrer moins de temps à leur blog pour privilégier du temps facturable qui leur permettra de payer leurs factures.

Mais alors, qui soutiendra les marques engagées quand tous les blogueurs green auront déserté ?

En somme

J’ai longtemps été fière de travailler pour une cause juste sans rien demander en retour. Le don est selon moi l’une des clés pour réussir à construire une société qui tient debout. Le Générateur de Marqu’IZ est ainsi notre contribution, à David et à moi, pour une mode plus responsable. 

Malgré cela, toutes ces réflexions m’amènent à penser que réclamer un dû en échange d’une mise en lumière est presque un acte militant pour une société plus égalitaire, plus éthique, plus en sphère.

Lorsqu’une marque approche un blogueur, c’est qu’elle le juge utile pour maximiser ses marges. Elle ne peut donc pas considérer qu’il vaut quelque chose d’un côté, et rien de l’autre. Ne faudrait-il pas repenser et conscientiser les pratiques ? Ne devrait-on pas inclure davantage de collaboration dans les collaborations ?

Qu’en pensez-vous ?

*** Céline ***

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14 commentaires sur “Doit-on payer les blogueurs green ?

  1. Hello Céline,
    merci pour cette belle réflexion !!
    C’est vrai qu’il faut se poser la question d’éthique, mais je rejoins ton avis sur le fait que cela relève aussi de l’éthique de proposer quelque chose en retour d’un article.
    Pas forcément de l’argent mais quelque chose pour que le blog puisse continuer à tourner.
    Car je suis d’accord, un blog green n’a pas pour but de profiter de ses lecteurs, mais s’il veut continuer à tourner, il a quand même besoin de fonds au moins pour survivre. Car le temps c’est quand même (un peu 😅) de l’argent, quoi qu’on en dise.

  2. Belle réflexion, bravo pour ton travail ! Et bon slow tour du monde 🙂

  3. C’est super que le débat s’ouvre, surtout du côté des blogs « green ».
    En lisant ton article je me dis effectivement que les marques ou boutiques qui refusent de payer pour un service manquent cruellement d’éthique. Dans le cas où la marque diffuse une information en espérant que ce soit relayé, pas de problème, mais quand on vient te démarcher et te dire qu’on n’a pas de budget, il n’y a aucun respect dans la démarche.
    Récemment, un grand salon vegan a essayé de me gratter un article sans rien me payer, parce qu’ils n’avaient plus de budget. J’y ai été, nous avons discuté avec les personnes présentes, les stands coûtaient entre 750 et 1 000 €, la plupart des entreprises (la plupart artisanales) sur place rentraient à peine dans leurs frais. Mais l’organisation n’avait pas la somme que je leur demandais, qui était bien bien bien inférieure au prix d’un seul stand. Vu l’endroit qu’ils occupaient pour le salon, je suis persuadée que l’argent récolté n’a pas été dépensé dans la location du bâtiment…
    Bref super article plein de bon sens ! C’est très inspirant pour les autres blogueur.se.s green qui se cherchent un peu ou qui n’osent pas encore s’exprimer.

  4. Merci de partager tes réflexions à ce sujet ! J’ai l’impression que beaucoup de blogueurs green se posent cette question en ce moment, car je lis plusieurs articles à ce sujet. Je suis d’accord avec toi, c’est difficile de jongler entre la passion que l’on peut avoir à mettre en avant ce nouveau mode de consommation, les marques, les produits et le fait que c’est un véritable travail, qui demande un investissement personnel important. Merci d’être aussi honnête avec nous les lectrices, parce qu’en lisant plusieurs blogs green, parfois les produits reviennent souvent et cela suscite l’envie (pour moi en tout cas). Mais personnellement, je comprends que cela vient d’un besoin d’être rémunérée pour nous proposer des contenus de qualité et il n’y a pas que cela sur le blog, il y a aussi des conseils sur un autre façon de consommer, et du coup avant de succomber à mes envies, j’y réfléchis (est-ce adapter à mes besoins ? est-ce que j’en ai besoin mnt? etc.), du coup je note les astuces/produits/marques ici et là et lorsque le besoin se fait réellement sentir, je me base là dessus pour faire des achats conscients. Merci donc pour cet article, que j’ai pris plaisir à lire et qui me conforte dans l’idée que tes réflexions sont intéressantes et à suivre !

  5. Je suis tellement, mais tellement d’accord, merci pour ton article plein de bon sens !

    C’est drôle car ce matin je regardais une énième fois la vidéo de Coline consacrée aux partenariats et à la nécessité pour les créateurs de contenu de faire rémunérer leur TRAVAIL.Car oui, il s’agit d’un travail, engagé certes mais un travail quand même. Je me pose moi aussi beaucoup de questions sur le sujet, d’autant plus que je vois régulièrement des blogueurs Green valoriser le fait qu’ils refusent systématiquement tous les partenariats sous toutes leurs formes – « cadeaux » ou rémunération) au simple prétexte qu’ils souhaitent rester libres de leurs choix et de leurs propos. Hors, cela démontre une parfaite méconnaissance de ce milieu des influenceurs et du système. On peut être libre, intègre et rendre service ou faire passer des messages tout en étant rémunéré pour cela. Etre rémunéré pour valoriser l’engagement d’une marque éthique ne signifie pas que nous n’avons pas d’éthique ! Nous jouons simplement notre rôle d’intermédiaire auprès du lecteur et du consommateur pour faire passer un message avec de belles valeurs.

    Si on veut réussir à changer le monde, à apprendre aux gens comment consommer moins (et mieux) il faut y passer du temps. Et malheureusement, créer des contenus ne peut pas se faire au détriment de notre travail, celui qui nous permet de vivre et de manger. Le serpent qui se mord la queue, comme tu l’as très bien expliqué !

    Je pense aussi que l’affiliation n’est pas la manière la plus cohérente de se rémunérer, mais pour le moment c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour rembourser les charges liées au blog. Car oui, le blog me coûte de l’argent puisque je collabore avec une amie photographe sous forme de forfait mensuel pour réaliser mes photos de looks (je ne fais que très peu d’articles sponsorisés pour les raisons que tu cites, notamment l’absence de budget chez les marques green qui pourraient potentiellement m’intéresser).

    Ton article est en tout cas très pertinent, j’espère qu’il donnera lieu à des échanges constructifs et intéressants !

  6. Merci pour ce super article qui apporte matière à réflexion !
    J’ai un avis moins tranché sur l’affiliation, car je ne trouve pas que nous poussions à la consommation en proposant des liens affiliés. Disons que je fais confiance au libre arbitre de mes lectrices pour se demander si elles ont besoin de tel ou tel livre ou objet. Après, je ne me situe pas dans une démarche minimaliste, c’est sans doute ce qui fait notre différence de point de vue sur la question.

  7. Mille mercis pour cet article hautement intéressant! Il me semble que je vais être (pour le moment) la seule marque à exprimer un commentaire! Je prends donc les devants et viens alimenter le débat. N’ayant jamais travaillé avec des blogueuses (greens ou de toute couleur!), je ne peux que te remercier pour cet éclairage sur ce qui est donc l’envers du décor pour moi : le temps dédié, l’investissement matériel, la nécessité d’une relation doublement fructueuse, le soucis d’éthique et de transparence pour tes lecteurs, l’importance de ne pas « léser » la blogosphère en général en acceptant de travailler gratuitement etc. C’est si bon de pouvoir se comprendre mutuellement et c’est en parlant sans tabou des sujets que l’on avance. Ceci dit, je me permets tout de même de moduler quelque peu tes propos sur les entreprises et leur fonctionnement. Je ne suis pas tout à fait d’accord avec toi sur ta vision quelque peu dichotomique de l’entreprise (marge, profit, réduction maximale des coûts etc). L’entreprise a certes pour objectif le profit, mais celui-ci n’est pas nécessairement synonyme d’enrichissement personnel du PDG/fondateur/qui que ce soit aux manettes. Je ne suis pas d’accord non plus sur le fait que si une organisation avait pour seule vocation d’être utile, elle serait une ONG. Personnellement, lorsque j’ai décidé de m’impliquer auprès des femmes des bidonvilles sudafricains, plusieurs choix s’offraient à moi et j’ai trouvé que le statut d’entreprise était le plus positif en termes d’impact social. Déjà, une entreprise a des obligations que d’autres statuts n’ont pas : celle de payer ses salariés (dans une ONG on peut aussi « former », « insérer », « remettre le pied à l’étrier » gratuitement), celle de devenir rentable (ça motive le matin pour trouver des débouchés aux produits et ainsi pour payer tout le monde de façon équitable), celle de payer ses impôts etc. Une entreprise n’est donc pas qu’une structure ayant pour but de minimiser ses dépenses aux dépends de tous et d’optimiser sa richesse. Personnellement, voilà 3 ans que je ne me suis pas encore payée et que je cherche par tout moyen d’augmenter les revenus de mes couturières en pérennisant et développant les ventes de nos sacs. En bref, je tiens juste à apporter un peu plus de nuances sur le monde « d’en face » et éviter toute diabolisation. Comme toi, je suis 100% d’accord sur le fait que toute relation doit être gagnante mutuellement. A ce titre, merci encore de prendre le temps d’expliquer tout ca. Et enfin, en tant qu’individuelle et occasionnelle lectrice de blogs, j’apprécie lorsqu’il est précisé dans l’article s’il s’agit d’une mention 100% spontanée, d’un vrai coup de coeur de la blogueuse, ou s’il s’agit d’un article sponsorisé et sous quelle forme. Enfin, j’ai été moi-même contactée occasionnellement par des blogueuses et parfois abasourdie par les demandes « je veux 3 sacs plus des avantages pour mes lectrices blablabla »…. Je me demande parfois si à l’inverse ces personnes se sont souciées de l’éthique de ma démarche et de l’impossibilité de ma toute petite entreprise à satisfaire ces exigences farfelues. BREF, encore merci d’ouvrir le débat et d’éclairer les autres! Longue vie à ton blog!

  8. Ton article fait échos en moi !
    J’avais le même point de vue que toi jusqu’à il y a peu de temps. Je considérais que ces petites marques n’avaient pas les moyens à allouer à la communication, qu’un petit coup de pouce était le bienvenu. Sauf que voilà, mon projet professionnel de création d’entreprise me demande et me prend du temps, mon job à temps partiel à côté me demande du temps aussi. Le temps alloué à mon blog se voit restreint ces derniers temps. Les marques éthiques sont peu visibles, mais nous le sommes nous aussi, blogger green. Dernièrement j’ai été contacté par deux jeunes marques éthiques, une qui voulait que je leur consacre un article et présente leurs produits, sans rien en retour, sans même pouvoir les tester… L’autre qui voulait que je rédige des articles pour leur blog, je n’ai déjà pas beaucoup de temps à consacrer au moins… Ça m’a pris plusieurs jours de réflexions, mais j’ai fini (pour la première fois) par décliner leurs propositions. C’est pourquoi ton article me parle beaucoup aujourd’hui. Tu mets les mots là où il faut et ça me pousse à prendre encore davantage de recul sur tout ça. Merci Céline !
    Belle journée,

  9. Aujourd’hui je voyage pour rencontrer les professionnels du textiles engagés pour un textile durable , j’observe ce qu’ils font, comment ils le font et comment l’éthique entre en compte dans leur démarche de création et dans leur production. À la différence de toi et des autres bloggers greens, je (enfin on, nous sommes deux) les contacte, pour les rencontrer, parce que nous sommes à la recherche de responses, nous cherchons à trouver des inspirations pour notre futur. Donc nous sommes dans une démarche de « troc » ils nous ouvrent les portes de leurs ateliers et nous publions un article et une vidéo. Et une des choses qui ressort le plus, c’est un salaire juste pour leurs employés, les artisans,… Alors pourquoi ne pas payer les bloggeurs qui travaillent pour eux ? Pour leur communications et qui permettront de toucher un public engagé. Si on parle d’une association, d’une ONG, cela peut être différent et on peut considérer ça autrement. Mais pour une marque, je suis d’accord que si elle se tourne vers les influenceurs Green c’est qu’elle a bien senti le besoin. Et comme une marque n’imaginerait pas ne pas payer ses artisans, pourquoi oublierait elle les bloggeurs ?
    Merci pour ton article qui donne à réflexion, j’espère que les marques vont le lire 🙂

  10. comme toi mais depuis 6 ans je ne pensais pas qu’être rémunérée soit éthique, comme toi j’en suis revenu, respect pour tous, merci pour ton article qui est parfait !

  11. Bonsoir
    Ah enfin merci pour cette dissertation qui nous amène à bien réfléchir sur le sujet.
    .le blog est devenu plus qu un simple journal web à l heure d’Aujourdhui.
    Y consacrer son temps pour satisfaire son lectorat et être visible le plus possible sur la toile c’est comme un écrivain pour ses livres au final non?
    S il y a recherches, rédaction, corrections, publications made himself en vue de toucher et de partager un maximum d informations sur une thématique choisie c’est comme un journaliste non?
    Vous n êtes pas rattachés à un magazine ou à une maison d’Edition mais vous êtes auto entrepreneur(ses) auto créateur(ides) au final..
    Tout travail mérite salaire (sous n importe quel forme)..
    Les vidéos, les posts sur les réseaux, L’editorial d un blog c’est un vrai travail …vous êtes votre propre community manager..que les marques en profitent oui mais gratuitement non je trouve ça injuste.
    Bonne continuation et bon courage
    Perso je suis pas geek du tout et j’admire ceux qui arrivent à passer tout leur temps devant un ecran😛
    Merci 🙏😘

  12. Hello Céline,
    je pars du principe qu’il faut qu’une collaboration marque-bloguer soit gagnant-gagnant.
    La rémunération n’est pas obligatoire si la valeur du produit est égale à la valeur du travail fourni…
    J’en ai fait un long article sur mon blog (première page du blog, facile trouver). je t’invite à le consulter, tu connaitras mon avis en long et en large 🙂
    Bonne soirée !

  13. Merci pour cet article bien construit et pertinent, je partage ton point de vue. En tant que blogueuse éthique, il me paraît très compliqué de vivre de mon blog ou simplement en tirer une quelconque rémunération. Comme tu le dis, tenir un blog a un coût et prend beaucoup de temps. Avec un travail à côté, la publication des articles atteint rapidement une limite. C’est aussi pour ça que je ne me mets pas de pression sur la quantité et la fréquence des articles car c’est trop difficile, surtout si l’on veut préserver un peu son temps libre.
    L’éthique d’un côté mais pas forcément de l’autre…le blogueur n’est évidemment pas juste un support de communication gratuit même s’il aime ce qu’il fait. Il y a vraiment de quoi dire à ce sujet !

  14. Blogueurs green ou pas,je pense qu’il y a échange. La publicité coûte très chere aux entreprises donc un blogueur va cibler une clientèle potentielle bien précise et une rétribution est un minimum pour le respect mutuel.
    Comme partout y’a des abus !

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