L’écolo qui mangeait des bananes

incoherence ecologie ecolo imparfaite

C’était sous un grand hêtre, à la fin d’une soirée bien arrosée. On refaisait le monde. Il y avait des lampions en guise d’éclairage, et des capsules un peu partout sur la table. La question tournait beaucoup autour du fait qu’on était végétariens, David et moi, et on venait de leur expliquer que réduire sa consommation de viande était un des premiers gestes à faire en matière d’écologie. Soudain, les consciences se sont réveillées. Les discours sont devenus plus pessimistes, voire fatalistes. Rien n’allait plus sur la planète, c’était fichu. La preuve : nous mangions des bananes.

Le simple fait d’avoir amorcé une réflexion sur l’écologie et d’avoir instillé l’idée que chacun pouvait agir un peu en changeant sa façon de consommer avait entraîné une réaction de découragement général que nous n’avions pas anticipée. Les voilà qui parlaient de consommation locale, de l’huile de palme source de déforestation, de l’avion qu’il ne faudrait plus prendre, du plastique qu’il faudrait totalement proscrire, du compost qu’il faudrait mettre en place, des fameuses bananes qu’il faudrait boycotter, du maraîcher du coin qui utilisait des pesticides… Ils ne s’arrêtaient plus. Pour finalement conclure sur ceci : c’est bien trop compliqué tout ça, l’effort est trop grand, on n’arrivera jamais à redresser la barre.

Ne rien faire plutôt que d’agir à son échelle, telle était leur conclusion. À quoi bon faire des efforts si l’on sait que notre démarche n’est pas entièrement cohérente ?

Faire de son mieux

J’ai commencé à avoir une réflexion sur ma consommation il y a quelques années maintenant. J’ai d’abord entrepris d’analyser la composition des boîtes de conserve que j’achetais en supermarché puis, un peu plus tard, des produits présents dans ma salle de bain. Très doucement, mais sûrement, j’ai commencé à consommer moins de viande, à réduire mes déchets, à fréquenter un magasin bio, à élargir mes sources d’informations. Ma conscience écologique a mis un paquet d’années à se développer, et continue encore de s’affiner.

Pourtant, notre démarche est loin d’être sans incohérence. Lorsque nous nous sommes éloignés de la ville pour vivre à la campagne, nous avons dû acheter une voiture. Voiture que nous voulions suffisamment grande pour faire office de van durant nos voyages. Nous avons trouvé une affaire en or aux enchères, un grand break diesel… Je ne compte pas le nombre de fois où cette incohérence nous a été pointée du doigt ! Et souvent d’ailleurs par des gens dont l’empreinte carbone était supérieure à la nôtre.

Il y aura toujours quelque chose à améliorer. Il ne faut pas avoir peur de manquer de cohérence, et simplement faire de son mieux. Il faut être fier des efforts accomplis, et considérer ce qui pourrait être « mieux » comme de futures entreprises. Il est toujours plus facile de pointer les failles du doigt que de mesurer son propre impact et de changer ses habitudes.

incoherence ecologie ecolo imparfaite

Déculpabilisez

Il faut faire preuve de bienveillance envers soi-même, et ne pas forcer les choses. Nous ne sommes pas dans un concours, mais dans une action collective pour préserver la planète. La part de chacun compte.

Changer du tout au tout en un claquement de doigts n’est de toute façon pas tenable. Il n’est ni physiquement, ni psychologiquement, ni financièrement possible de se mettre du jour au lendemain à fréquenter un magasin bio, à cultiver ses propres légumes, à limiter ses déchets au strict minimum, à éliminer le plastique de sa vie, à manger équilibré et végétarien, à révolutionner ses produits ménagers, à devenir autosuffisant en énergie et en eau, à consommer local et de saison et à se débarrasser de tout le superflu pour une garde-robe vraiment minimaliste. Ce serait un coup à devenir fou ! Et on trouverait probablement encore à y redire…

Déculpabilisez, il n’y a pas d’autre état possible que celui d’être « en chemin ». Personne n’est au bout, et surtout pas ceux qui ont la critique facile.

incoherence ecologie ecolo imparfaite

Faire un peu, c’est faire beaucoup

Même si nos choix sont parfois contradictoires et que nous sommes loin d’être des modèles de cohérence, chacun de nos pas compte. Le cumul de ces petites actions, les miennes, les vôtres, représente un espoir gigantesque.

C’est un travail à faire main dans la main, chacun à la mesure de ses capacités et de ses moyens. Inspirez-vous de ceux qui ont pris de l’avance, et vous deviendrez bientôt le moteur du changement chez les autres.    

 

Et vous, quelles sont vos incohérences ? Êtes-vous fiers de vos efforts accomplis ?

***Céline***

incoherences et ecologie

 

Si vous avez apprécié la lecture de cet article, partagez-le :

Rendez-vous sur Hellocoton !

14 commentaires sur “L’écolo qui mangeait des bananes

  1. Merci pour cet article ! J’adore ton blog et ton univers 🙂
    Idem j’essaie d’en faire un peu à mon niveau, on va vendre notre voiture diesel, j’essaie de manger local et bio, économie d’énergie dans la maison,….

  2. C’est un très bon article qui devrait être montré à chaque personne qui se lance dans l’écologie, car quand on débute on voit toujours tout ce que font les autres alors que nous on fait peu, et certains nous le font bien remarqué… Pendant un temps je culpabilisais de ne pas être végétarienne mais je ne me dis que manger de la viande deux à trois par semaine c’est toujours mieux que deux fois par jour. On n’est pas parfait il faut l’accepter, et peut être de certaines personnes font mieux que nous mais d’autres ne font pas grand chose, donc il faut assumer le temps qu’on prend pour faire un nouveau pas pour la planète 🙂

  3. Bonjour Céline 🙂 !

    Je lis régulièrement tes articles mais il est vrai que je commente rarement. Je me lance donc aujourd’hui car je sais combien c’est important et gratifiant pour une blogueuse d’avoir un retour de la part de ses lecteurs.
    En ce qui concerne le visuel, j’aime beaucoup les photographies qui illustrent ton article : elles sont originales, positifs, et toutes en couleurs, POW 🙂 ! Cela donne du dynamisme à ta réflexion.
    Quant au contenu, j’aime ta manière d’exprimer ton opinion sans culpabiliser qui que ce soit mais autrement, en encourageant et en partageant ton expérience.
    Il est vrai que si chacun essayait de faire de son mieux, même de manière imparfaite, l’état de notre monde s’améliorerait considérablement. Rien que le fait de bannir ou de réduire la cruauté animal de sa consommation c’est déjà contribuer à la paix dans le monde. C’est protester contre cette infâme injustice qu’est l’exploitation animale. Sans parler des bénéfices sur la santé et l’environnement !
    Au plaisir de te lire !

    Camille

  4. Article qui résume bien les choses. Comme tu dis, il est impossible aujourd’hui de tout bien faire. Pour ma part, j’essaie de consommer un maximum local afin d’en favoriser l’économie, je me suis mise à faire un petit potager. Depuis quelques années, je fabrique autant que je peux mes cosmétiques et produits ménagers. Là il y a déjà une incohérence : j’essaie de consommer local et pourtant j’achète des huiles végétales et essentielles qui viennent de l’autre bout du monde, sans parler du chocolat…
    Je suis entièrement d’accord avec ce que tu dis, il vaut mieux chacun un peu que rien du tout.

  5. Que ces mots font du bien !
    J’aime tellement passé du temps à échanger avec des personnes qui partagent ces valeurs et ambitions là. Je me sens comprise et bien moins seule. Les avis, critiques et regards des gens sont bien souvent tellement mal placées et mal venues. Chaque geste est important. Je ne suis pas parfaite, mais j’ai pris conscience de tout cet impact environnemental que notre mode de vie peu avoir depuis plusieurs années maintenant. J’avance petit à petit, je suis aussi parfois obligée de reculer un petit peu, mais je sais que chacun de mes petits gestes sont déjà beaucoup. Avec de petites choses nous pouvons en faire de grandes, j’en suis persuadée.
    A bientôt,

  6. Hello,
    je découvre ton blog via cet article, qui je dois dire fait du bien.
    Combien de personnes je connais qui dénigrent ce mode de pensée, l’étiquette que porte le ‘bio’ ou tout ce qui y touche de près ou de loin..
    Il est vrai que c’est plus facile de ne rien faire, de fermer les oeillières et de continuer comme ‘on a toujours fait’.
    La réponse que j’apporte en général, c’est que si on veut être jusquauboutiste, la meilleure solution est le suicide. On ne consomme plus, ne produit plus de CO² etc.. invraisemblable, non ?
    Donc oui, l’humain est plein d’incohérences, mais c’est mieux quand il le sait, pour pouvoir progressivement s’améliorer.
    Après, les grands mouvements sont toujours passés par 3 étapes (Idriss Aberkane le raconte bien mieux que moi), mais en gros c’est : ridicule, dangereux, évident. Et je pense qu’on est encore aujourd’hui dans le ridicule (pour la majorité bien sur). Peut-être pas pour longtemps 😉
    ++

  7. Une fois de plus j’adore ton article !
    « Naturellement » je fais partie des gens qui critiquent …. et je ne supporte pas !
    Lorsque mon beau père est devenu Vegan, mes premières réflexions (que j’ai gardé pour moi), c’était « c’est facile, mais il a quand même un canapé en cuir, ses chaussures aussi ! » et je trouvais toujours pleins de petits défauts !

    Pourtant une fois je suis allée au japonais avec des amis, dont une qui ne mange pas de viande et se dit végétarienne et une fille lui a dit « bah dit pas que tu es végétarienne si tu manges du poisson, tu es une fausse végétarienne ! » … Et là j’ai compris !
    On ne peut pas tout donner, mais chaque part qu’on donne est importante !
    Forcément une personne ne pourra pas changer le monde, mais si on faisait tous des efforts ça irait mieux 🙂

  8. Le changement se fait petit à petit et les consciences s’éveillent de plus en plus. Je suis devenue végétarienne il y a 1 an, je réduis mes déchets, fais mes produits ménagers et cultive un jardin. Mais je prends encore la voiture, consomme de l’électricité et cie… Je ne suis pas parfaite!!! Lol Mais mes petits pas aident la planète. Si tout le monde en faisait, on pourrait faire beaucoup 😁

  9. J’adore le ton de ton article et j’y adhère totalement.

    Je réduis mes déchets depuis quelques mois, je suis passée au lavable pour beaucoup de choses mais je ne suis pas encore prête à tout changer, par commodité ou par manque de temps ou même par peur. Mais chaque geste compte et c’est bien là le plus important.

    Pointer du doigt ce qui ne « va pas » est totalement contreproductif !

  10. On est sur la même longueur d’onde chacun prend bien ce qu’il veut, l’important est quand même de garder le plaisir et non de se mettre une pression pour atteindre la perfection… 👌

  11. Oh mais qu’est ce qu’il fait du bien ton article !!! Oui ça fait du bien de déculpabiliser un peu de ne pas faire assez… et comme tu dis, même si on allait au bout du bout on trouverais forcément qu’on peut faire encore plus 😛
    J’aime beaucoup la devise de Bénédicte de La Famille Presque Zéro Déchet « C’est pas parce que tu ne peux pas tout faire qu’il ne faut rien faire » enfin à peu près ! Je me dis parfois que si chacun faisait juste un peu, et bien on irait trèèèès loin ! 😀
    Enfin voilà quoi 🙂
    Aaah et pour répondre à ta question de fin, oui je suis fière des efforts 😀 Et les incohérences mmh… aller encore de temps en temps au supermarché (bouhhh!), utiliser des mouchoirs en papier (mais je compte investir – ou coudre mais ça fait un an que je me dis ça…) et acheter encore pas mal de trucs emballés, bio certes mais emballés..
    Oh et dans les efforts, j’essaye de consommer plus éthique de façon générale (en plus de l’alimentation et des cosmétiques) et là j’ai commandé des bijoux artisanaux sur Etsy 😀 Bon et j’ai installé un compost !
    Fin du long pavé haha !
    Bises 😀

  12. Tu as raison, les petites choses sont importantes

  13. Coucou Céline,

    Faire le pas vers un mode de vie plus sain pour la planète et pour soi est déjà énorme. Lorsque j’ai commencé à m’intéressé à notre alimentation et l’impact sur l’environnement les regards autour de moi ont commencé à changer. Les personnes ne souhaitant pas s’orienter vers ce mode de vie étaient toujours les premiers à me dire  » ahh, mais tu vois dans le dentifrice il y a du porc, les labellos ils sont tous mauvais ou les fameuses bananes, tu en manges, mais ca pollue  » breff toujours  » le truc » pour prouver que c’était impossible et qu’il y aura toujours quelques choses. J’ai eu aussi cette impression également d’être « jugé et catalogué » lorsque j’ai choisi un plat vegan ou j’ai refusé une simple paille jetable dans un bar. Aujourd’hui, j’ai appris à ne plus faire attention au regard des gens, je ne prends plus la peine de m’expliquer. Si la personne est ouverte, je le serai également sinon je laisse couler 🙂 je vis mieux ainsi, je n’ai jamais prétendu être parfaite et je le serai jamais. Je suis moi, une femme qui en a juste assez de voir tous ces déchets accumulés et qui a changé son mode de vie afin de proposer un monde meilleur à son enfant.

    Bonne semaine et à bientôt

  14. Merci. Merci. Merci.
    3 fois merci pour ce message. Je vais encore vous citer !
    Christine

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *