Les 14 commandements du voyageur responsable

Voyager en-dehors de son pays, ce n’est pas anodin. Je dirais même que cela vient avec tout un tas de devoirs que le touriste lambda oublie malheureusement bien trop souvent… En tant que voyageur responsable, nous n’avons d’autre choix que d’agir en conscience, même en dehors de nos frontières. Et je crois que l’exercice en est d’autant plus difficile !

Pourquoi ?

D’abord parce que le voyage nous emmène en-dehors du cadre de nos habitudes bien rodées. Il faut tout repenser, tout anticiper. Faire bien les choses demande un effort constant, et qui peut même être titanesque selon les pays que l’on traverse. Mais il ne faut pas perdre de vue que notre impact reste le même, que nous jouions à domicile ou ailleurs.

Ensuite, le concept même de vacances est synonyme de lâcher prise. On n’a tout simplement pas envie de se prendre la tête avec tous ces efforts à fournir. Pour tous les adeptes de farniente en vacances, voici mes conseils : ne prenez pas l’avion pour traînasser à la plage, il y a largement de quoi faire à distance de train ; choisissez un hôtel écologiquement responsable ; et protégez-vous du soleil (aucun rapport, mais c’est important).

Pour ceux qui partent en voyage, pas en vacances, voici les 14 commandements que nous essayons de suivre pour voyager de façon plus responsable. Cela va sans dire, nous ne sommes pas parfaits. Nous faisons simplement de notre mieux en fonction de ce que nous croyons juste.

1. Un moyen de transport slow tu choisiras

Nous sommes partis pour un tour du monde sans avion depuis presque 8 mois maintenant afin de limiter au maximum l’impact carbone de notre voyage à l’autre bout du monde. Un aller/retour Paris-New York suffit en effet à dépenser le « budget carbone » annuel auquel un humain devrait se limiter s’il souhaitait vraiment lutter contre le changement climatique (1.22 tonnes par an et par habitant) !  Pas cool dans un contexte d’urgence climatique où les scientifiques du monde entier appellent à freiner des quatre fers…

Il existe ainsi de nombreuses alternatives à l’avion qu’il vous faudrait considérer en tant que voyageur responsable. De même, pour ce qui est des trajets à l’intérieur du pays visité, ne foncez pas tête baissée vers la première agence de location de voiture venue. Pensez à la moto pour deux, c’est déjà mieux, au scooter électrique, ou même au vélo ! Nous avons choisi d’explorer la Mongolie en VTT au mois d’août et c’est l’une des meilleures décisions que nous avons pu prendre ! Si toutefois vous avez réellement besoin d’une voiture, essayez de la choisir hybride ou électrique, si possible la plus petite et la moins consommatrice possible.

2. Humble et informé tu seras

Quand vous entrez dans un pays qui n’est pas le vôtre, vous devez apprendre à respecter ses codes sans imposer les vôtres. Renseignez-vous sur la culture locale avant d’y mettre les pieds, notamment sur les principaux traits culturels du pays et sur sa situation politique et économique.

Apprendre le vocabulaire de base me semble aussi essentiel. Vous n’avez pas besoin de grand-chose : bonjour, merci, aurevoir, pardon. Et quelques chiffres, au moins les 3 premiers.

Le voyageur responsable n’apporte pas de jugement sur la culture de la population qu’il est amené à rencontrer. Il doit comprendre que les codes qu’on lui a appris, comme celui des marques de politesse ou de respect, ne sont peut-être pas les mêmes dans le pays qu’il visite.

3. Le zéro-déchet tu appliqueras

Que l’on produise des déchets chez soi ou à l’étranger, l’impact sur la planète est le même. Il y a quelques réflexes à avoir pour voyager zéro-déchet : emmener une gourde, choisir un purificateur d’eau, des contenants pour stocker de la nourriture, des sacs pour le vrac… Je vous ai rédigé un article entier sur le sujet !

4. Les bonnes habitudes tu garderas

Idem pour toutes les bonnes habitudes mises en place à la maison que l’on pourrait avoir tendance à mettre de côté quand on voyage sous prétexte que l’on n’est pas dans son cocon routinier. Éteindre la lumière dès que l’on quitte une pièce, économiser l’eau, éviter les douches à rallonge… Être en voyage ne doit pas être une excuse pour arrêter de faire ce que l’on fait déjà bien !

5. À recycler tu veilleras

De la même façon, si recycler ses déchets est une évidence dans nos pays occidentaux, cela peut devenir un vrai casse-tête dans certains pays du monde. Qu’à cela ne tienne, le voyageur responsable conserve ses déchets jusqu’à ce qu’il trouve un endroit pour les recycler ! Cela fait plus de poids, plus d’encombrement, mais il est de sa responsabilité de s’assurer de la fin de vie des déchets qu’il produit. Et qui sait, cela lui enseignera peut-être à réduire sa production de déchets dans sa globalité…

6. Les paiements en cash tu favoriseras

Ce commandement est surtout valable pour la visite de pays sous régime totalitaire, ou en tout cas dont le voyageur ne cautionne pas le régime au pouvoir. Le voyageur responsable a, je crois, un devoir de réflexion, voire un rôle à jouer, dans ce genre de cas.

La population n’est en rien responsable des agissements de son gouvernement et je crois qu’on ne peut pas lui faire payer le prix fort en boycottant son pays sans sommation.

J’ai notamment pu observer l’impact de l’arrêt brutal du tourisme à Hong Kong avec les récentes manifestations. Les premiers à en payer le prix sont les petits commerces de proximité qui ferment leurs portes les uns après les autres.

Le voyageur responsable, dans ces cas-là, doit veiller à ce que son argent aille là où il faut. Si possible dans les poches de la population, et non dans celles du gouvernement qu’il ne soutient pas. Le paiement en cash favorise une économie souterraine qui peut s’avérer salutaire dans certains cas.

7. Chez l’habitant tu dormiras

Dans la même idée, le voyageur responsable se doit de favoriser les logements chez l’habitant, en maison d’hôte, airbnb ou couchsurfing. Cela lui permet d’injecter de la richesse au plus près de ceux qui apportent de la valeur.

Les décisions du voyageur dans le cas d’une visite d’un pays dont il ne soutient pas le régime au pouvoir sont essentielles. C’est à lui de choisir où va son argent et ce qu’il souhaite soutenir.

De plus, l’impact de l’industrie hôtelière sur l’environnement est non négligeable. Pour la préservation des paysages d’abord, mais aussi parce que les pratiques hôtelières sont loin de respecter les différents commandements de cet article : serviettes de bain changées quotidiennement, poubelles jetées tous les jours, absence de recyclage, éclairage, climatisation, distribution de bouteilles d’eau… Si vous choisissez de dormir dans un hôtel, veillez à le choisir écoresponsable.

8. Nulle trace tu ne laisseras

Installer un bivouac dans la nature est un peu synonyme de liberté totale. C’est la possibilité de dormir où on veut et pour rien du tout, et bien souvent d’assister à un magnifique coucher ou lever de soleil. Les plus beaux bivouacs laissent en général les plus beaux souvenirs parce qu’ils nous permettent de nous reconnecter à l’essentiel, à la nuit, au soleil, aux bestioles, et le tout avec un minimum de confort. C’est tellement chouette…

Oui mais voilà, le voyageur responsable a le devoir de laisser l’endroit dans lequel il s’est installé comme il l’a trouvé quand il est arrivé. Il doit veiller à ne rien laisser derrière lui, et à embarquer tous ses déchets au moment du départ. Les sentiers qui ne sont pas battus doivent le rester. Autrement, il faut rester sur les sentiers balisés qui sont prévus pour le passage de l’Homme.

9. Des rivières tu t’éloigneras

Quand on vit dans la nature, il faut répondre à des besoins primaires : se laver en fait partie. Le voyageur responsable évite autant que faire se peut de se laver à même un cours d’eau pour ne pas le polluer, et se munit plutôt d’une bassine, d’un seau, ou à défaut d’une casserole pour prélever de l’eau et faire sa toilette au gant. Dans tous les cas, il utilisera des produits labellisés bio pour ne pas répandre des produits chimiques et potentiellement toxiques dans les eaux et les sols.

Même constat pour la vaisselle ! Il faudra éviter de faire sa vaisselle directement dans un cours d’eau, et veiller à bien choisir son savon !

10. Caca dans un trou tu feras

Faire ses besoins dans la nature est en fait tout un art que nombre de voyageurs semblent négliger. J’en rappelle les principales règles ici !

VOYAGEUR RESPONSABLE

11. L’alimentation locale tu privilégieras

Voyager, c’est rencontrer la culture de l’autre. La culture s’immisce dans beaucoup de détails du quotidien et la cuisine en est évidemment un pilier majeur. Favoriser la cuisine traditionnelle et locale permet ainsi de soutenir une culture qui, comme toutes les autres, souffrent de l’uniformisation et de l’occidentalisation des modes de vie et de consommation. Pour cela, le voyageur responsable évitera les chaînes internationales au profit des petits restaurants.

Faire ses achats sur les marchés locaux permet également de soutenir une agriculture locale et paysanne, voire raisonnée.

Et puis, vous ne vous ferez pas prier, chaque région du monde, ou presque, possède ses brasseries locales ! Préférez donc toujours une bière produite dans le coin à une bière sans culture que vous retrouverez partout.

12. Des animaux tu t’éloigneras

Nous sommes partis depuis près de 8 mois et nous avons déjà été confrontés, et à maintes reprises, à l’exploitation animale à des fins touristiques : promenades en calèche, colombes ou autres oiseaux mutilés pour prendre des photos, zoos avec spectacles, chevaux marqués au fer rouge, chameaux attachés toute la journée… Il faut que cela cesse.

Le voyageur responsable doit comprendre que sans demande, il n’y a pas d’offre. Il doit comprendre qu’il est décisionnaire et qu’il peut opter pour un monde plus juste.

13. L’artisanat tu soutiendras

Il est toujours tentant de ramener des souvenirs de ses voyages. Attention à bien les choisir ! Le voyageur responsable fait en sorte de boycotter les bibelots made in China (même dans un magasin de souvenirs au Pérou, si si) et favorise l’artisanat traditionnel et justement rémunéré, celui qui permet de perpétuer des savoir-faire. C’est une fois de plus une façon de donner son argent directement à ceux qui créent de la valeur.

14. À négocier équitablement tu te résoudras

La négociation est un véritable sport dans certains pays et certains commerçants pourront même être un peu déçus si vous n’essayez pas de vous battre un peu ! Cependant, en fonction du pays dans lequel vous vous trouvez, il se peut que votre pouvoir d’achat soit largement supérieur à celui de la personne que vous avez en face de vous. N’oubliez jamais cela lorsque vous entreprenez des négociations et proposez toujours un prix que vous jugez juste pour les deux parties.

Pas facile d’être un voyageur responsable, vous en conviendrez ! Mais ça vaut le coup, pour un monde plus juste ! Prêts à relever le défi ?

*** Céline ***

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