Notre tour du monde sans avion

tour du monde sans avion

Nous sommes partis il y a déjà 6 mois pour un tour du monde sans avion, et je me rends compte que je n’ai jamais vraiment pris le temps d’en expliquer les raisons. Ni comment on s’y est pris d’ailleurs, ni comment ça se passe.

Je reçois beaucoup de questions sur cette belle aventure, et je vais essayer de répondre ici aux plus fréquentes afin de lui dessiner des contours. Parce que même si on aime imaginer ce périple flou et mouvant, il y a quand même une base solide de revendications et d’organisation derrière.

Pourquoi éviter l’avion ?

Mais déjà, pourquoi prenons-nous l’avion ?

Oh qu’elle n’est pas facile cette question de l’avion ! La culture occidentale érige le voyage comme moyen suprême d’atteindre la sagesse et une meilleure compréhension du monde. Plus on part loin et plus nos anecdotes sont exotiques, plus une aura plane autour de nous. Ils ont vu, entendu, touché, senti… Pas nous. Le voyageur gagne en expérience et, de fait, en sagesse. Il peut ouvrir les débats, casser les a priori, il a une force que les autres n’ont pas.

Alors on part à l’autre bout du monde. Et au soleil si possible, parce que, tant qu’à faire, autant jumeler culture et bronzage ! Autant tout condenser, parce que nous n’avons que 5 semaines de congés payés pour s’imprégner des comportements locaux, se reposer et décompresser, et faire de belles randonnées.

Pour répondre à cette double problématique de l’appel au voyage et du temps qui manque, l’avion est la réponse idéale. En quelques heures à peine, on traverse la planète. Pratique !

L’impact carbone de l’avion

Mais figurez-vous qu’il suffirait d’un seul trajet Paris-New York pour dépenser le « budget carbone » annuel auquel un humain devrait se limiter s’il souhaitait vraiment lutter contre le changement climatique (1.22 tonnes par an et par habitant) ! Plutôt difficile à encaisser quand on fait des efforts sur à peu près tout depuis des années : réduction du plastique, manger moins de viande, achats de seconde main, courses en vrac, dons à des associations à l’impact environnemental positif…

Bien conscients du problème, des scientifiques de renom et signataires du GIEC, appelés à parler à toutes les conférences sur le climat partout dans le monde, ont fait le choix de ne plus se déplacer par avion. Greta Thunberg a traversé l’Atlantique à la voile pour se rendre à l’ONU. 

Pour autant, l’avion reste souvent le dernier étendard inaccessible sur le chemin de quelqu’un qui voudrait réduire ses émissions de CO2 et éviter ainsi de participer à un dérèglement massif et irrévocable du climat.

Pas l’avion !

Il y a de plus en plus de vols et l’avion, dont le kérosène n’est pas taxé, continue à rester bien moins cher que le train. On a beau faire des efforts, arrêter de prendre l’avion reste inaccessible. La soif de voyage à l’autre bout du monde est trop grande et faire une croix sur le statut de celui qui a vu, entendu, touché et senti est bien trop douloureux. L’effort est trop grand. Tout le reste, d’accord, mais pas l’avion.

Ou plutôt : pas les voyages, pas les rencontres, pas les remises en question, pas toutes ces belles expériences que je voudrais avoir l’occasion de vivre.

Eh oui, en fait on s’en fiche de l’avion. On ne monte pas dedans pour le plaisir de monter dedans. Mais pour voyager, partir, et loin si possible.

Mais alors, quelle est la variable qui implique nécessairement de prendre l’avion pour voyager ? Pourquoi voyage et avion sont-ils si intrinsèquement liés ?

Ressource nécessaire : le temps !

Cette variable, c’est le temps, pardi ! Ni plus, ni moins. Le temps dont nous disposons et que l’organisation de notre société nous oblige à millimétrer. L’avion permet de satisfaire les emplois du temps serrés imposés par le travail et les fameuses 5 semaines de congés payés qu’il faut rentabiliser au mieux. 

Quand nous avons réalisé cela, nous avons pris la décision de réorganiser nos vies de façon à disposer du temps qu’il nous faudrait pour voyager. Cela nous aura pris 2 ans. Nous expliquons toutes les étapes de cette réorganisation dans cette vidéo.

Quels moyens de transport ?

Et alors, avec du temps, on se déplace comment ?

Je vous détaillais déjà dans cet article plusieurs méthodes et moyens de locomotion plus slow : du bateau-stop au vélo !

Depuis notre départ, nous avons :

  • Traversé l’Europe en train jusqu’à la Lituanie grâce à Interail,
  • Traversé les pays baltes en bus,
  • Traversé la Russie grâce au Transsibérien,
  • Fait le tour de la Mongolie à vélo
  • Exploré la Chine en train-couchette

Prendre le temps, comme nous l’avons pris, permet de privilégier l’essentiel : le chemin plutôt que l’arrivée ! Je vous parlais d’ailleurs il y a quelques temps de tous les avantages du voyage slow !

Nous qui avons toujours beaucoup voyagé en dormant dans notre voiture aménagée, nous avons pris conscience de l’impact de ce mode de transport. Le choix de la voiture ou du van par rapport à l’avion n’est en effet pas si évident si l’on compare les émissions de CO2/passager/km. Tout dépend du véhicule, de son taux d’occupation et de la distance parcourue, mais de manière générale, s’il l’on cherche à limiter son impact, il faut éviter autant que faire se peut de prendre un véhicule à 4 roues pour de longues distances avec moins de 3 passagers.

Voilà pourquoi, entre autres, nous avons préféré le vélo au 4×4 en Mongolie. Je prendrai je l’espère bientôt le temps de faire des recherches un peu plus approfondies sur l’empreinte écologique du van aménagé…

Avec quel budget ?

Comme expliqué plus haut, nous avons réorganisé nos vies de façon à avoir du temps. Pour cela, nous avons tous les deux, et chacun notre tour, démissionné de nos CDI pour reconstruire un métier qui nous permette de travailler tout en voyageant. Pour davantage de détails, nous expliquons tout dans cette vidéo !

Nous avons donc inauguré il y a 6 mois notre statut de digital nomads (ou de nomades digitaux pour les puristes), mais nous travaillions à notre compte depuis bien plus longtemps. Deux ans, c’est le temps qu’il nous aura précisément fallu pour nous assurer un portefeuille de clients et des rentrées d’argent solides avant de nous lancer.

Notre but est de trouver l’équilibre subtil entre travail et exploration, et ce n’est pas une mince affaire ! Pour cela, nous tâchons de nous arrêter longtemps dans chaque endroit où nous posons nos sac-à-dos. Nous avons en effet remarqué qu’établir une routine permet de se réserver plus facilement des plages de travail et, de manière plus globale, d’être plus serein, ce qui favorise l’efficacité et la créativité.

Pour combien de temps ?

Puisque nous avons du temps, la durée de notre voyage n’est pas une question. Nous sommes partis pour une durée indéterminée, et nous nous déplaçons au gré de nos envies et en fonction de nos visas.

Cela dit, il nous faut tout de même être raisonnables et anticiper sur le fait que, sans avion, le retour, si on le désire, sera long.  

Quel est votre parcours ?

Là aussi, notre parcours n’est pas tout tracé à l’avance ! Il se modèle et se peaufine au fur et à mesure ! Et puis nous avons toute la vie pour le dessiner… Quand on est optimistes comme nous le sommes, ça fait encore de nombreuses années !

Dans un premier temps, du moins, nous imaginons faire une première boucle autour de l’Europe et de l’Asie qui reviendra en France. Nous comptons donc explorer l’Asie du Sud-Est dans les prochains mois, avant de prendre le chemin du retour en passant notamment par l’Inde, l’Asie centrale ou le Moyen-Orient et l’Europe du Sud. Là, je pense que nous serons bien contents de faire une bise à nos familles et à nos minous, et nous verrons bien ce qu’il adviendra !

Peut-être s’installer de nouveau et pour un temps quelque part ? Peut-être faire du bateau-stop pour traverser l’Atlantique  ou la Méditerranée ?

Mais peut-être, aussi, que cette fameuse boucle se façonnera autrement ! Nous sommes libres de choisir. Et pour cette unique constatation, nous sommes les plus reconnaissants du monde.

Vous vous sentiriez prêts à voyager sans avion, vous ?

*** Céline ***

Si vous avez apprécié la lecture de cet article, partagez-le :

Rendez-vous sur Hellocoton !

7 commentaires sur “Notre tour du monde sans avion

  1. Merci beaucoup pour cet article ! Je pars dans 3 mois direction l’Amérique. Lors de la construction de ce projet j’avais vraiment à cœur de pouvoir limiter les trajets en avion. Mais déjà ça se complique quand il s’agit de traverser l’Atlantique… N’ayant pu trouvé de solutions satisfaisantes je débute donc par l’avion. De l’Amérique centrale je souhaite remonter vers l’Amérique du Nord. Et là encore ça semble compliqué. Vous n’êtes pas sur le même continent, pour autant, avez-vous eu des difficultés aux frontières ?

    1. Est-ce que tu as regardé le bateau-stop ? Il y a des sites qui mettent en relation les voyageurs et les capitaines de bateau, j’en parle davantage dans cet article : https://www.iznowgood.com/2019/03/comment-voyager-slow/
      C’est la meilleure des solutions pour traverser l’Atlantique !
      Sinon pour les frontières, où rencontres-tu des problèmes ? En général il y a toujours un poste frontière qui permet un passage par voie terrestre !

  2. Quel incroyable projet ! L’avantage de ne pas prendre l’avion, c’est aussi de ne pas avoir les jambes qui gonflent lors des longs vols ahah. Quel métier faites vous à distance exactement ? Bonne route à vous !

    1. David fait du développement web et applicatif, et moi je suis créatrice de contenu web et community manager !

  3. Bonjour et merci pour cet article très intéressant ! La dernière fois que j’ai pris l’avion c’était il y a 5 ans et j’espère réussir à persévérer sur cette voie. Votre éxperience est un vif encouragement !
    Je me permets une question : Comment gérez vous votre travail en ligne, via internet durant vos pérégrinations ? Quel impact écologique vous semble avoir le travail qui passe nécessairement pas la connexion ?
    Au plaisir de vous lire à ce sujet !
    Bonne suite !

    1. Hello ! C’est une bonne question ! J’essaye d’avoir un portefeuille de clients qui sont des acteurs du changement, ce qui me permet d’être relativement sereine quant à ce que j’apporte de positif sur la toile. C’est une sorte de compensation pour l’espace que mon contenu nécessite sur les serveurs !
      Sinon, pas facile de cumuler travail et exploration, c’est une organisation à part entière dont je vous reparlerais probablement plus en détail quand on sera plus au point 🙂

  4. Très bon article ! Je rebondis sur le facteur temps qui fait qu’on prend l’avion pour aller plus vite. Beaucoup de personne ne voient pas le trajet comme faisant partis du voyage, pour eux c’est 2 jours (aller-retour) de perdu sur les vacances.
    J’aime beaucoup le fait de ne pas avoir vraiment de programme, de se laisser porter par les lieux, les gens, les aventures ! Je vous souhaite encore beaucoup de découvertes, c’est une belle expérience de vie.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *