Bilan Lecture #4

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Je me lance aujourd’hui dans un nouveau bilan pour vous parler de mes quatre dernières lectures ! J’espère toujours que cela vous donnera des idées et des envies, et surtout que cela initiera le dialogue entre nous ! Parlez-moi de vos derniers coups de cœur livresques, faites-nous découvrir des pépites !

Sans le vouloir, ces quatre dernières lectures sont toutes de la plume d’une femme : une figure de la littérature française, une aventurière qui n’a peur de rien, une peintre qui manie les mots aussi bien que le pinceau, et une féministe qui appelle à la prise de conscience !

Comme d’habitude, c’est divers et varié, et je suis sûre que vous y trouverez votre compte !

Bonjour Tristesse

Françoise Sagan

Résumé : Cécile a dix-sept ans, elle vit seule avec son père, Raymond, depuis la mort de sa mère il y a 15 ans. Ils mènent une vie mondaine dissolue et sans à-coups, remplie de fêtes et d’alcool, de copains artistes et de conquêtes amoureuses éphémères. Ils forment un duo inséparable. Cet été-là, ils réservent une villa au bord de la mer pour profiter de la lenteur des jours et s’échapper du tumulte de la ville. Raymond y emmène Elsa, sa dernière conquête. Elle est jeune et jolie, pas franchement intéressante. Tout bascule lorsque Anne, une amie de son père ayant répondu à son invitation, s’installe à la villa.

♥  Mon avis : J’ai conscience que mon résumé ressemble à celui d’un roman à l’eau de rose un peu nul à lire d’un trait sur la plage. Ne vous y trompez pas ! Il s’agit du premier roman de Françoise Sagan, un vrai chef d’œuvre de lenteur et de nonchalance.

On sent le poids de l’été, la chaleur suffocante qui rend les gestes mous et l’esprit hagard. La chaleur humide de la chambre de Cécile dans laquelle elle se voit enfermée pour étudier la philosophie. Les mots sont justes et beaux, simples. Les phrases se dégustent, dégoulinent des pages, elles fondent au soleil. Quelle évidence !

Cette lecture m’a réellement donné envie de connaître davantage l’œuvre de Françoise Sagan que je découvre avec ce premier roman. Si vous avez des titres à me conseiller, je suis évidemment preneuse !

Ma note : 5/5

***

Sauvage par nature

Sarah Marquis

Résumé : Sarah Marquis est une aventurière suisse des temps modernes. En 2010, elle se lance dans une aventure qu’elle baptise EXPLORASIA : marcher seule de la Sibérie à l’Australie en passant par la Mongolie, le désert de Gobi, la Chine, le Laos et la Thaïlande. Une aventure qui s’étale sur près de 2 ans !

♥  Mon avis : J’ai reçu beaucoup de messages me conseillant la lecture de cette autobiographie. Pas étonnant, puisque Sarah Marquis a emprunté une route similaire à la nôtre et traversé les mêmes pays ! Beaucoup ont été inspirés par son courage, cette folie de partir seule, à pied, dans des contrées qui ne sont pas spécialement réputées hospitalières : le désert de Gobi et l’outback australien, la jungle, les ethnies minoritaires chinoises qui vivent recluses dans les montagnes du Yunnan… C’est vrai que cette aventure peut donner des ailes !

Cela dit, la mayonnaise n’a pas pris avec moi. Deux raisons principales à cela. Sa plume, qui est celle d’une aventurière, pas celle d’une écrivaine. Je suis très difficile en matière de littérature, et s’il n’y a pas un soupçon de poésie qui me transporte, je suis souvent déçue de ma lecture. Aussi, sa façon d’aborder son aventure et son voyage, enfermée dans sa bulle, focalisée sur sa performance et sa destination, ne m’a pas plu et m’a mise même plutôt mal à l’aise. Elle fuit la présence de l’homme tout au long du voyage.

Et, devinez quoi, ses rencontres se passent rarement bien ! J’ai notamment été très étonnée de sa description des nomades rencontrés dans la steppe mongole, le portrait qu’elle en fait est effrayant, voire diabolique, et ne ressemble en rien à ce que nous avons vécu là-bas (je vous en parlais ici). S’il se peut que sa condition de voyageuse solitaire ait provoqué des comportements différents de la part des mongols, je crois que son tempérament plutôt sauvage, impatient et à tendance, parfois, un brin impérialiste et, dans tous les cas, totalement fermé à la différence, a joué aussi.

Sur le même thème du voyage en solitaire, je vous recommande chaudement Wild de Sheryl Strayed, une aventure de près de 6 mois le long du Pacific Crest Trail ! Un vrai petit bijou d’où tirer beaucoup de force et de courage !

Ma note : 3/5

***

Passagère du silence

Fabienne Verdier

Résumé : Nous sommes au début des années 80 et Fabienne Verdier n’a que 22 ans lorsqu’elle décide de partir étudier l’Art traditionnel chinois dans une école d’Art de la province du Sichuan. En Chine, le régime communiste bat son plein et la population se remet péniblement de la révolution culturelle imposée par Mao Zedong qui a tiré un trait sur toutes les traditions millénaires du pays. Fabienne est la seule étrangère de l’école, voire même à des kilomètres à la ronde. Les conditions de vie des étudiants sont rudes et son isolement lui pèse, mais elle est passionnée et déterminée : elle veut apprendre la calligraphie et les autres arts graphiques auprès des grands Maîtres. Son apprentissage durera pas moins de 10 ans.

♥  Mon avis : Cette autobiographie de la peintre Fabienne Verdier est un vrai petit bijou. De poésie d’abord, car les leçons de ses Maîtres sont souvent véhiculées de cette façon et influencent sa vision de la vie. Et quelle richesse de recevoir par son intermédiaire ces enseignements pleins d’une sagesse millénaire ! Quelle transmission, quel cadeau, elle nous fait à son tour !

Passagère du silence est aussi une véritable source d’informations sur la culture et les traditions chinoises. Si vous envisagez de vous rendre en Chine, ou si vous vous intéressez à la culture de ce pays, je vous encourage vivement à vous le procurer. Un authentique témoignage, aussi, pour mieux comprendre les ravages de la révolution culturelle et saisir le portrait de la Chine à une période où les occidentaux s’en tenaient éloignés. La structure du récit aurait pu selon moi être un peu remaniée, et nous aurions eu affaire à un véritable chef d’œuvre de la littérature.

Ma note : 4,5/5

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Sorcières

Mona Chollet

Résumé : Alors que les guérisseuses détenaient le savoir de soigner les maux et assuraient le suivi des malades et des accouchements, tout bascula en Europe au XVIème avec la chasse aux sorcières et la persécution en masse de personnes accusées de sorcellerie (dont plus de 80% étaient des femmes). Dès lors, les femmes se sont retrouvées bannies du savoir et de la médecine, et reléguées au foyer pour soutenir la carrière de leur mari. Pire, on les a enfermées dans des corsets : celui de la mère, de la femme docile, douce et conciliante, et celui de la vieille femme qui, en plus d’être laide à cause de ses rides et de ses cheveux blancs, n’est plus bonne à rien.

Dans son essai on ne peut plus féministe, Mona Chollet dépeint les sorcières d’aujourd’hui : la femme célibataire et sans enfant, celle qui s’affirme et parle un peu fort, ou encore celle qui a passé 50 ans. Elles sont victimes de méprise, de moqueries complaisantes, d’injustices, elles sont sous-considérées ou traitées de folles ou d’écervelées. Elle dessine le contour du cadre imposé à toutes les femmes de nos sociétés occidentales, celui auquel il faut se conformer sous peine d’en être bannie.

♥  Mon avis : Le premier chapitre sur l’histoire de la chasse aux sorcières a suffi pour réveiller en moi un véritable vent de révolte. Pourquoi ne parle-t-on pas davantage de cet épisode de l’Histoire ? De nombreux points et faits énoncés ont aussi provoqué chez moi des électrochocs, comme le fait que seulement 2% des hommes de plus de 45 ans disent se teindre les cheveux, contre 63% des femmes. Bon sang de bonsoir ! De simples données chiffrées suffisent à prendre conscience des modèles que l’on a toujours acceptés sans les avoir questionnés.

La lecture de cet essai a réellement fait naître en moi une soif de revendications et l’envie de découvrir les thèses de l’éco-féminisme que l’auteure aborde rapidement. Je pense qu’il s’agit d’un excellent point de départ pour aborder les différents enjeux et visages du féminisme.

Si vous voulez entendre Mona Chollet parler de son bouquin et de sa vision du féminisme, je vous conseille aussi fortement d’écouter son interview dans La Poudre, un podcast féministe que je vous conseille d’ailleurs pour ses interviews de femmes inspirantes !

Ma note : 4/5

***

Alors, quels sont vos derniers coups de cœur livresques ? Que lisez-vous en ce moment ?

*** Céline ***

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2 commentaires sur “Bilan Lecture #4

  1. Je suis très intéressée par « Sorcières » 🙂
    Bonne journée !

  2. Merci pour cette qualité dans vos choix et vos publications. Je vais de ce pas aller emprunter le livre Sorcières car j’en suis une aux dires d’un ancien voisin qui me harcèle gratuitement dès qu’il me voit (propos injurieux et déplacés, etc…). Ce qu’il ignore, c’est que pour moi être traitée de sorcière n’est pas négatif surtout que si les sorts existaient, il serait déjà 6 pieds sous terre !😉 Belle journée à vous.

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