Renouer avec son cycle pour se réapproprier son corps

cycle menstruel

Depuis que j’ai mis un pied dans les lectures revendiquées féministes, je vois beaucoup de choses que je ne voyais pas avant. Peu à peu, mon regard change. Je me vois progressivement passer dans le camp des « sorcières », celles qui ne se laissent plus marcher sur les pieds, qui s’opposent aux injonctions, et qui demandent simplement à ce qu’on leur fiche la paix. Celles qui, avant toute chose, affirment que leur corps leur appartient, à elles et à personne d’autre.

La sanctification d’un seul type de corps dans les magazines, les remarques et les sifflements dans la rue, les tétons féminins censurés par la plateforme Instagram, l’obligation sociale de s’épiler ou de ne pas afficher le moindre cheveu blanc avant 60 ans… Le corps des femmes est codifié.

Si certaines s’avisent de décider pour elles-mêmes, de ne pas se raser sous les bras parce que c’est une perte de temps, de ne pas porter de soutien-gorge pour être plus à l’aise, ou de porter une jupe courte, ce sont des hystériques, des négligées, des inconscientes, des garçons manqués, des salopes. En tant que femme, je dois connaître, intégrer et me soumettre à toutes sortes de codes qui régissent mon apparence. Mon corps ne m’appartient pas, je n’en fais pas ce que je veux. Inutile de parler de l’infâme sondage IFOP sur les tenues des adolescentes à l’école, je suppose que je n’ai pas été la seule à avoir eu envie de lancer une révolution à ce moment-là…

culottes de règles moodz

Depuis que j’ai réalisé cela, et depuis que j’ai commencé à identifier tout ce que j’avais moi-même intégré à mon insu, je travaille pour déconstruire et retrouver ma liberté. Je n’en suis qu’au début du chemin, mais je voulais vous parler des outils qui m’aident à me réapproprier mon corps peu à peu.

Se reconnecter à son cycle menstruel

Comprendre les différentes phases de mon cycle menstruel et me réconcilier avec mes règles a été, je crois, une étape fondamentale dans la réappropriation de mon propre corps. Mieux comprendre mon cycle, c’était mieux me comprendre tout court.

Les 4 phases du cycle féminin

On n’apprend pas aux femmes à appréhender justement cette immense partie de leur vie. On leur parle de mécanismes hormonaux dans le cadre de la reproduction en cours de SVT, certes. Mais on leur fait aussi intégrer que le sang des règles est sale et qu’il passe mieux à l’écran en étant de couleur bleue, qu’il faut absolument ne pas tâcher son pantalon ou son siège sous peine de mettre tout le monde mal-à-l’aise, qu’il faut éviter de se plaindre quand l’utérus se contracte un peu trop violemment, et qu’il faut continuer à faire comme si de rien n’était à moins d’être perçue comme une vraie chochotte.

La lecture de « Lune rouge » de Miranda Gray et puis, plus tard, celle de « La puissance du féminin » de Camille Sfez, m’ont secouée. Elles décrivent les 4 phases du cycle féminin, que je vous décris brièvement ici :

  • La phase de la Sorcière, correspondant à la période des règles. Une phase tournée davantage vers l’intérieur que vers les autres, où l’on a besoin de repos. Si l’on peut choisir son emploi du temps, ce n’est pas le bon moment pour prévoir des rendez-vous et courir à droite à gauche.
  • La phase de la Vierge, de la fin des règles jusqu’à l’ovulation. L’énergie revient progressivement, on se tourne davantage vers l’altérité.
  • La phase de la Mère, pendant l’ovulation. C’est la phase du cycle menstruel où l’énergie est au summum, la plus tournée vers l’extérieur, où l’empathie est la plus développée, où le lien aux autres est le plus important.
  • La phase de l’Enchanteresse, de l’ovulation jusqu’aux règles. Le calme revient progressivement, on rentre dans une phase plus intuitive, plus agacée par les autres aussi !

Je comprenais alors que je n’étais pas un être linéaire, mais un être cyclique. Un être dont les flux d’hormones vont et viennent et modifient, à n’en pas douter, mes perceptions et mes comportements sur l’ensemble du mois. Forte de cette prise de conscience, j’ai commencé à m’écouter davantage, à sonder mes ressentis.

Arrêter la pilule

L’arrêt de la pilule il y a 8 ans a aussi formidablement joué dans ma perception de ces transformations mensuelles. La pilule lissait tout, et me déconnecter beaucoup avec ce phénomène à la fois sacré et primitif. Sans m’en apercevoir, c’est toute une partie de moi-même que j’éludais.

En arrêtant la pilule, je sentais de nouveau mes émotions fluctuer pendant le cycle, je rencontrais mon humeur changeante. Je retrouvais des sensations d’avant, les seins qui deviennent lourds, les sensations annonciatrices dans le bas du ventre. Je recommençais à suivre mon cycle aussi, et à m’y intéresser, maintenant qu’il n’était plus si prévisible ni soumis à des pilules quotidiennes.

Arrêter ma contraception hormonale, c’était comme me retrouver de nouveau, renouer avec une partie de moi que j’avais enfouie. Une fois de plus, me comprendre mieux.

Me familiariser avec mon sang avec les culottes de règles Moodz

L’arrivée de la cup et des protections lavables a aussi représenté une véritable avancée dans la réappropriation de mon corps. Je voyais tout d’un coup mon sang. Je me familiarisais avec le tabou.

C’est simple, pour moi les culottes de règles ont été une vraie révolution. Non seulement la gestion des règles devenait simple et sereine, mais en plus de ça je gardais un lien et un ancrage forts avec mon cycle. Je gagnais en liberté, sur tous les plans.

Les culottes Moodz, fabriquées au Portugal, sont parmi mes préférées. Elles sont efficaces, confortables, non-toxiques (label Oeko-Tex) et jolies ! Elles sont facilement lavables et réutilisables pendant plus de 3 ans et, parole d’une nana qui les teste depuis 6 mois, sans fuites garanties ! C’est une marque que j’apprécie d’autant plus que leur message encourage les femmes à redécouvrir et à se reconnecter à leur corps. Comme quoi, je ne suis pas la seule à voir qu’il y a un lien entre cycle menstruel et estime de soi !

Les modèles avec le liseré doré et les détails en plumetis sont mes favoris : de quoi m’aider à surmonter avec douceur la phase de la « sorcière », planquée dans ma tanière.

D’ailleurs, pssssst, vous avez -10% avec le code MOODZCELINE si vous voulez agrandir votre stock de culottes de règles ou si vous voulez, ENFIN, tenter la révolution ! Je choisis ma taille habituelle avec cette marque (ils vont du 34 au 48), elles taillent un peu plus large pour être à l’aise.

Confronter ses croyances

Enfin, pour déconstruire encore, je m’abreuve de réflexions et de témoignages. Voici mes références, à lire et écouter sans modération !

Elles permettent de faire la lumière sur des choses que nous croyions innées mais qui sont en fait acquises, sur des choses que nous avons intégrées et que nous reproduisons sans même nous questionner. Pour se réapproprier notre corps, il faut déjà comprendre en quoi il ne nous appartient pas ! Je suis bien sûr friande de toutes vos recommandations !

Podcasts & programmes

  • La poudre, avec des femmes de tous horizons qui racontent leur parcours et leurs combats
  • Un podcast à soi, produit par Arte, qui questionne la place de la femme dans tous les pans de la société
  • Entre nos lèvres
  • Les couilles sur la table
  • Le programme « Cycles féminins » de Cécile Doherty et Ilia Renon

Livres

  • Beauté fatale, de Mona Chollet
  • Sorcières, de Mona Chollet
  • La puissance du féminin, Camille Sfez
  • Lune rouge, de Miranda Gray
  • King-Kong Theory, Virginie Despentes
  • On ne naît pas soumise, on le devient, Manon Garcia
  • Et si le féminisme nous rendait heureuses, Pauline Arrigi
  • Le corps des femmes, la bataille de l’intime, Camille Froidevaux-Metterie

*Cet article est écrit en collaboration avec Moodz, persuadée comme moi que la réappropriation du corps passe par la réappropriation du cycle menstruel !

Ca vous parle tout ça, à vous ?

*** Céline ***

 

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6 commentaires sur “Renouer avec son cycle pour se réapproprier son corps

  1. Bonsoir Céline,
    Merci beaucoup pour ce témoignages, de belles paroles justes, tu trouves toujours les mots parfaits pour transmettre tes émotions. Ton article m’a beaucoup touché.
    En ce moment, beaucoup de femmes dans mon entourage se posent la question d’arrêter ou non la pilule.
    Ce qui nous inquiètent souvent, c’est cette forte douleur et les solutions de contraception alternatives…
    Félicitations pour ce bel article une fois de plus 🙂

  2. J’ai également arrêté la pilule, il y a presque 7 ans maintenant… Ce n’est pas toujours évident, car les règles s’accompagnent de très fortes douleurs pour ma part… Mais je suis heureuse de ne plus prendre d’hormones de synthèse.
    Cet article est très instructif, je ne connaissais pas ces « phases » mais chaque terme me parle beaucoup… Tout cela a beaucoup de sens et pousse à la réflexion. Effectivement, je suis un être cyclique moi aussi et je m’en rends compte, même si évidemment nous ne nous réduisons pas à nos hormones… Mais cela joue et c’est important d’en avoir conscience pour se l’approprier.
    Merci pour ce bel article !

  3. Bonjour ! Super article !
    J’ai ressenti le même sentiment d’être lisse (et un peu fade…) avec la pilule. L’arrêter a été un décision si salvatrice !
    D’ailleurs je crois que c’est avec cet arrêt et par le cycle et les menstrues qui reviennent naturellement que j’ai commencé à m’intéresser au féminisme !
    Cette méconnaissance entretenue de ce qui nous arrive si régulièrement….
    Le livre « le chœur des femmes » m’a beaucoup aidée d’ailleurs !

    Merci pour cet article !!

    1. Ooh je note la référence, merci beaucoup !!

  4. Bonjour Céline, merci beaucoup pour cet article qui tombe à point nommé pour moi. Je suis en plein dans ces questionnements.
    Je prends la pilule depuis 11 ans, et je commence à ressentir le besoin de retrouver mon cycle naturel, de le comprendre. J’ai aujourd’hui l’intuition de plus en plus forte que la pilule a cet effet lissant et inhibant sur moi.
    Je réalise en lisant ton article à quel point j’ai besoin de m’informer avant tout, moi qui ignorais même qu’un cycle est fait de ces quatre phases.
    J’ai peur un peu, aussi. Peur d’arrêter ce traitement contraceptif qui m’a toujours convenu et avec lequel mon corps fonctionne depuis si longtemps, peur des conséquences toujours imprévisibles qui pourraient survenir. J’ai peur de ne pas trouver d’alternative, aussi, même si je commence à entrevoir et apprivoisier l’idée de certaines d’entre elles. Certains témoignages autour du stérilet me terrifient encore. Le risque de grossesse plus important avec la méthode symptothermique me terrifie aussi. J’essaye cependant de cheminer, à mon rythme…
    Une ressource que je peux conseiller : le podcast Ma vie après la pilule et le compte instagram associé @_mavieapres.
    Encore merci pour cet article, encore une fois si bien écrit. Et les photos sont magnifiques également ❤️

    1. Hello Julie,
      De mon côté, j’ai pris la pilule pendant 8 ans avant de l’arrêter et de mettre un stérilet en cuivre. C’est une solution qui me convient très bien ! Mais je comprends très bien tes réticences ! Prends ton temps pour te renseigner sur les différentes méthodes et décider de ce qui te conviendra le mieux. Mais vraiment, si tu as la possibilité d’arrêter une contraception hormonale, fais-le ! J’avais eu une espèce de poussée d’acné 6 mois après l’arrêt de la pilule, ça avait duré quelques mois… et une fois la detox passée, tout était redevenu comme avant… les vraies sensations avec mes vraies hormones en plus !

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